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Internet dans la famille
Le 22 mars
2002 - Interrogés
à la demande de Bayardweb sur leur
perception d'Internet et la place qu'occupe cet outil à
la maison, les parents d'enfants âgés de 4
à 18 ans montrent un intérêt particulièrement
marqué pour Internet à domicile en tant source
de renseignements (71%), outil pédagogique (44%)
et moyen de communication (43%). Dans le même temps,
la connexion à domicile suscite des craintes :
le risque que les enfants se rendent sur des sites inappropriés
préoccupe 78% des parents - risque plus fortement
redouté chez les parents non-connectés (84%)
que chez les connectés (69%). Notre étude
fait également apparaître un sentiment de fracture
numérique sinon dans la famille entre les générations,
du moins entre les familles, selon les catégories
sociales auxquelles elles appartiennent. Enfin, les attentes
des parents à l'égard d'Internet portent sur
la possibilité d'effectuer toutes les démarches
administratives en ligne (53%) et la présence plus
affirmée de services pratiques (40%).
Internet
à la maison : apports et craintes
Etre connecté
à Internet à domicile présente un intérêt
majeur aux yeux des parents interrogés : il
s'agit avant tout d'unoutil pratique pour rechercher
des renseignementsdans quelque domaine que ce soit
(67%). Deux autres fonctions importantes se dégagent
cependant : Internet constitue un outil pédagogique
pour les enfants (44%), ainsi qu'un moyen de communiquer
avec ses amis ou sa famille (43%). Plus secondairement,
Internet présente aussi l'intérêt d'un
mode d'information supplémentaire (22%), voire d'un
moyen de se familiariser avec les nouvelles technologies
(13%), et très marginalement, permet de faire se
courses depuis chez soi (3%)
Des approches
différenciées
Les approches d'Internet sont
cependant différenciées :
- selon que
l'on est connecté ou non : ceux qui ont déjà
une connexion Internet à la maison soulignent davantage
l'intérêt en terme de recherche de renseignements
(71%) mais aussi de communication avec ses proches (57%,
contre 35% chez les non connectés), tandis que les
non-connectés se montrent particulièrement
intéressés par la fonction pédagogique
d'Internet pour les enfants (51%, 2e
motif de connexion) ;
- selon l'âge :
les moins de 35 ans se montrent nettement plus sensibles
aux possibilités qu'offre Internet en termes de communication
(52%) que les 45 ans et plus (39%). De même, l'aspect
formateur par rapport aux nouvelles technologies de communication
est souligné par les moins de 45 ans (16%) bien plus
que par leurs aînés (5%) ;
- selon la
catégorie sociale : alors que les cadres et
professions intellectuelles supérieures mettent particulièrement
l'accent sur l'intérêt de la connexion Internet
à domicile pour communiquer (64%) et pour s'informer
(22%), l'outil pédagogique que cela peut constituer
retient l'attention des catégories populaires - employés
(54%), ouvriers (53%) - bien plus que la moyenne des parents
interrogés (44%). Internet semble donc constituer
d'autant plus un appoint pour la famille que l'on se sent
moins pourvu en capital culturel et scolaire.
La connexion
à domicile, un sujet de préoccupation pour
les parents.
Les parents
soulignent avant tout le risque pour leurs enfants d'aller
sur des sites ou de faire des rencontres inappropriés
(78%, dont 54% se disent très préoccupés,
contre 22% que cela ne préoccupe pas),une
crainte plus marquée chez les femmes (81% de préoccupées,
contre 75% chez les hommes), les moins de 45 ans (81%, contre
70% au delà), les ouvriers (83%) et les parents d'enfants
de 13 à 15 ans (87%), mais aussi, et il y a peut-être
là le signe d'un frein important à la connexion
lié aux représentations bien plus qu'à
l'expérience, chez les non connectés (84%)
bien plus que chez les connectés (69%).
La sécurité
de paiementconstitue le deuxième motif de
préoccupation (73% contre 26% de non préoccupés),
réunissant connectés et non connectés.A l'inverse, deux autres motifs d'inquiétude
proposés aux répondants - le temps passé
par les enfants devant l'écran (59% de préoccupés
contre 40%) et l'augmentation de la facture de télécommunications
(57% contre 42%) apparaissent minoritaires chez les connectés
tandis qu'ils sont fortement mis en avant par les non-connectés.
Ainsi, ces
derniers affichent un niveau d'inquiétude plus élevé
- en particulier envers le risque d'une trop grande captation
des enfants par Internet - qui peut contribuer à
expliquer le fait qu'ils ne soient pas connectés
à domicile, même si la préoccupation
plus marquée des parents de milieu ouvrier sur la
question de la facture vient rappeler que le coût
anticipé de la connexion reste un obstacle important.
A l'inverse, l'expérience de la connexion semble
atténuer les préoccupations des parents.
Le rapport
des parents à Internet
Internet ne
semble pas constituer un facteur de déqualification
des parents face à leurs enfants. Certes, deux tiers
environ (66%) des parents d'enfants de 4 à 18 ans
ont le sentiment de mal maîtriser Internet, dont 43%
" très mal " , tandis que 34% se sentent
à l'aise en la matière. Cependant ce sentiment
d'incompétence est essentiellement le fait de ceux
qui n'ont pas Internet à domicile, dont 22% seulement
disent bien le maîtriser, contre 77% qui se sentent
démunis ; à l'inverse, les parents connectés
se montrent majoritairement confiants (56% pensent bien
le maîtriser, contre 44%) : là encore
l'expérience semble le meilleur antidote aux inquiétudes.
Les parents
apparaissent cependant très inégaux face à
Internet, à l'égard duquel le sentiment de
compétence fait l'objet de profonds clivages. Il
est en effet nettement plus marqué chez les pères
(41%) que chez les mères (28%), décroît
fortement avec l'âge (passant de 58% chez les moins
de 35 ans à 26% chez les 45 ans et plus), et surtout
est majoritaire dans les catégories moyennes et supérieures
(commerçants, cadres, professions intermédiaires),
tandis qu'il est très minoritaire chez les employés
(22%) et les ouvriers (18%). Sexuelle, générationnelle,
sociale : la " fracture numérique "
existe donc bien, au moins dans les esprits, sinon dans
la famille mais en tout cas entre les familles.
Internet,
vecteur de lien familial
Par delà
l'aisance plus ou moins grande dont les parents font preuve
face à la machine, Internet est cependant bien présent
dans la vie de la famille. Ainsi, 43% (contre 56%) des parents
en discutent souvent ou de temps en temps avec leurs enfants,
au sujet d'un nouveau site par exemple. Ils sont même
59% (contre 40%) à le faire chez ceux qui ont une
connexion à domicile, et plus de 50% chez ceux qui
ont des enfants âgés de 10 ans ou plus, qu'ils
soient connectés ou non.
De même,
60% (contre 40%) des parents connectés échangent
du courrier électronique avec d'autres membres de
leur famille, et un sur deux (50% contre 49%) navigue sur
Internet avec ses enfants. A l'inverse, seuls 4% des parents
interrogés déclarent faire leur course pour
la famille par Internet.
Si celui-ci
peut donc bien constituer un vecteur de discussion ou d'activité
commune entre parents et enfants, voire un lien pour la
famille élargie, il est encore loin de se substituer
à la sortie au supermarché.
Des attentes
avant tout pratiques
Les parents
expriment, dans leur ensemble, des attentes prioritairement
pratiques à l'égard d'Internet. Ils souhaitent
avant tout qu'à l'avenir on puisse faire toutes les
démarches administratives en ligne (53%) et que l'on
trouve davantage de services pratiques pour les particuliers
(40%).
L'apport que
pourrait constituer Internet en terme de connaissance et
d'apprentissage constitue le deuxième grand domaine
d'attentes : ainsi, 48% des parents souhaitent davantage
de sites pédagogiques pour les enfants (2e
attente), et 23% des sites de formation personnalisée
pour les adultes. Ainsi, quelque soit le sentiment de maîtrise
de l'outil, les parents ont clairement intégré
d'Internet dans les stratégies d'apprentissage et
de formation pour le futur. On soulignera en particulier
le fait que chez les parents non-connectés, ainsi
que chez ceux qui ont des enfants de 4 à 6 ans, la
première attente pour le futur concerne les sites
pédagogiques pour les enfants (respectivement 51%
et 55%), avant même la simplification des démarches
administratives.
Enfin si une
plus grande fiabilité des informations disponibles
sur le Net (23%) et la sécurisation des paiements
(18%) constituent aussi des attentes non-négligeables,
quoique moins largement exprimées, le développement
de la dimension récréative d'Internet (télévision
par Internet, davantage de sites de loisirs, contenus plus
animés) semble nettement plus secondaire aux yeux
des parents. A l'inverse, très probablement, de leur
progéniture.
Les parents
partagés sur la question des services payants
Au total, Internet
semble trouver sa place au sein des familles et des rapports
parents-enfants. Serait-on pour autant prêt à
payer de façon plus systématique qu'aujourd'hui
pour assurer une meilleure qualité des informations
et des services qu'Internet délivre à domicile ?
Les parents
apparaissent partagés sur cette question exigeante,
43% s'y disant prêts contre 53% qui s'y refuseraient.
Mais le contraste est ici particulièrement notoire
entre ceux qui sont déjà connectés,
que l'habitude de la gratuité amène à
repousser majoritairement une telle perspective (62% ne
seraient pas prêts à payer, contre 34%), et
ceux qui n'ont pas de connexion à domicile, beaucoup
plus partagés (47% contre 47%). Une offre de plus
grande qualité, fût-elle payante, en permettant
de lever certaines inquiétudes observées chez
ces parents non-connectés, pourrait ainsi constituer
un facteur incitatif à la connexion d'un certain
nombre de familles.
Gilles CORMAN
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