Jacques Chirac, six ans après
Le 9 mai 2001 - Voilà,
six ans après l'élection de Jacques Chirac à la présidence
de la République, un sondage particulièrement contrasté sur
l'image politique du chef de l'État. Certaines réponses, on va le
voir, lui sont plutôt favorables, d'autres apparaissent plus négatives.
Globalement, les chiffres sont moins bons que l'année dernière à
la même époque. Si d'autres enquêtes indiquent que la sympathie
personnelle pour Jacques Chirac reste grande, son profil politique est visiblement
plus contesté.
Lorsqu'on demande aux personnes
interrogées si le bilan de l'action de Jacques Chirac est positif ou négatif,
49 % répondent positif, 36 % négatif. Cette majorité relative
traduit une détérioration par rapport à l'an passé
(56 % positif, 28 % négatif). Elle est cependant supérieure à
celle de Valéry Giscard d'Estaing un an avant la fin de son mandat mais
inférieue à celle de François Mitterrand un an avant la fin
de son premier septennat. On peut relever que les plus jeunes (18-24 ans) sont
les plus positifs pour Jacques Chirac.
Domaine par domaine, le bilan
apparaît cependant moins favorable. Quinze secteurs d'action ont été
distingués. Le bilan de Jacques Chirac est considéré comme
positif dans six secteurs (place de la France dans le monde, libertés,
paix sociale, défense nationale, institutions, construction européenne)
mais comme négatif dans neuf secteurs (réduction des inégalités,
environnement, unité des Français, sécurité des citoyens,
immigration, lutte contre le racisme, réformes, politique sociale, moralisation
de la vie politique). On constate qu'en simplifiant, la politique extérieure
et le cadre institutionnel obtiennent un satisfecit que la politique sociale et
les questions de société ne remportent pas. Plus inquiétant
encore : sur les quinze sujets évoqués, il y a détérioration
du jugement par rapport à l'année dernière dans douze cas,
stabilité dans un seul, amélioration dans deux (l'immigration et
les réformes). Le meilleur score concerne la politique étrangère,
le plus mauvais, la moralisation de la vie politique (17 % d'avis positifs, 61
% d'avis négatifs, les premiers reculant de sept points par rapport à
l'an passé, les seconds augmentant symétriquement de sept points).
Lorsqu'à l'issue de
ces comparaisons sectorielles, on demande aux personnes interrogées si
elles sont satisfaites ou déçues de l'action de Jacques Chirac depuis
son élection en mai 1995, la réponse est cette fois-ci négative :
37 % d'avis positifs, 46 % d'avis négatifs. Comme l'intitulé est
très proche de la première question globale posée, c'est
donc l'addition des réponses secteur par secteur qui semble finalement
plus négative que l'appréciation initiale spontanée. La détérioration
par rapport à l'année dernière à la même époque
se confirme : - 10 points de satisfaction, + 8 points de déception.
On peut cependant relever que depuis le début de la cohabitation, l'action
de Jacques Chirac est perçue plus positivement que durant le gouvernement
Juppé, lorsque le président de la République disposait d'une
majorité parlementaire. L'action d'un gouvernement de gauche lui réussit
en somme mieux que l'action du gouvernement de droite. En revanche, si l'électorat
RPR demeure très fidèle au chef de l'État, celui de l'UDF
et de DL se montre beaucoup plus réticent.
Le même clivage se
retrouve à propos de la question la plus défavorable à Jacques
Chirac, celle qui porte sur le souhait de réélection du président
de la République en 2002 : 30 % de oui seulement (- 5 % par rapport
à l'an passé), 54 % de non (comme l'an passé, les sans réponse
augmentant de cinq points). Là encore, outre l'hostilité d'une fort
majorité d'électeurs de gauche, écologistes inclus, c'est
le faible soutien des électeurs UDF et DL (44 % seulement de oui dans les
deux cas) qui explique ce score modeste. Le résultat de cette question
demeure certes susceptible d'évolutions et même de renversement durant
l'année qui vient, la campagne de 1995 l'a démontré, mais
elle constitue un handicap à remonter, douze mois avant le scrutin.
Alain
DUHAMEL
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