L'image du gouvernement Raffarin


Le 5 juin 2002 - Le gouvernement Raffarin a réussi son entrée. Au lendemain d'une élection présidentielle qui fera date, avec la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour, la mobilisation spectaculaire de l'entre-deux tours et les 82 % de Jacques Chirac le 5 mai, l'accueil des Français à la nouvelle équipe était primordial. Jean-Pierre Raffarin peut donc se réjouir : son image personnelle plaît aux Français et celle de son gouvernement est encourageante. Tout cela n'offre évidemment aucune garantie de durée ou d'enracinement mais constitue une carte précieuse à quelques jours des élections législatives. 

Jean-Pierre Raffarin lui-même est franchement bien accueilli, mieux que la moyenne de ses prédécesseurs dans des circonstances identiques : 64 % des Français considèrent que sa nomination est un bon choix, contre 11 % seulement d'avis contraires. Les hommes, les personnes âgées, les travailleurs indépendants sont les plus positifs. Les électeurs de gauche et ceux du Front national eux-mêmes se montrent aimables. Le style Raffarin est visiblement en phase avec l'opinion. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard : Jacques Chirac l'a choisi pour cela et le nouveau Premier ministre, homme de communication expérimenté (le marketing et la communication sont son métier d'origine) en joue savamment. Cela fonctionne : les personnes interrogées le trouvent ouvert au dialogue, proche des préoccupations des gens, simple et sincère. On lui prête peu de défauts (cela viendra) mais sa marque personnelle apparaît d'ores et déjà sa capacité d'écoute et son goût du dialogue, à l'opposé de ce qui est d'ordinaire le plus reproché aux dirigeants politiques, c'est-à-dire leur éloignement. Les jeunes eux-mêmes semblent sensibles à un ton direct, les salariés du secteur public n'affichent pas de préventions. Seule restriction, plutôt originale : ce qui lui est le plus reproché est son manque d'expérience, notamment de la part des commerçants, artisans et chefs d'entreprise, c'est-à-dire ceux-là mêmes dont il fût deux ans le ministre de tutelle.

Le gouvernement est lui aussi bien reçu, avec cependant moins d'enthousiasme : 44 % des Français s'en disent satisfaits, contre 18 % déçus. La balance est nettement positive mais pas éblouissante. Ce qui séduit le plus, c'est la nouveauté des visages ministériels, le volontarisme affiché et le réalisme. Il n'apparaît en revanche ni particulièrement moderne, ni particulièrement compétent. Les femmes et les salariés sont très sensibles au renouvellement, les cadres, au volontarisme. Le choix de faire entrer de nouvelles personnalités est le mieux accueilli (73 %). Jean-Pierre Raffarin est parvenu également à convaincre de sa volonté d'aller vite (68 %), notamment chez les travailleurs indépendants, à droite bien sûr, mais également parmi les électeurs socialistes. La place des hommes et des femmes de terrain dans l'équipe gouvernementale est, elle aussi, bien perçue.

L'image des ministres est globalement favorable mais moins nette, car leur notoriété est plus faible. Luc Ferry est bien accueilli, en particulier par les jeunes, les salariés du secteur public, les cadres et les intellectuels, c'est-à-dire les catégories sociales auxquelles il aura le plus directement à faire. Jean-Louis Borloo, ministre de la ville, bénéficie également d'un préjugé favorable, fruit vraisemblablement d'une présence efficace à la radio et à la télévision. Nicolas Sarkozy, le plus connu de tous, et l'une des plus fortes personnalités de la droite, a également une image positive, un peu plus contrastée puisqu'il est plus familier aux Français. La droite l'adule, la gauche le redoute. Michèle Alliot-Marie, très populaire chez les électeurs du RPR, l'est moins chez ceux de l'UDF et surtout de la gauche : c'est logique. Roselyne Bachelot compte en revanche plus de partisans à l'UDF et même chez les électeurs socialistes. Francis Mer et Dominique Perben doivent se faire connaître, Gilles de Robien et François Fillon bénéficient d'un préjugé favorable, tout comme Dominique de Villepin, nouveau ministre des affaires étrangères. Au total, l'impression de départ est bonne et Jean-Pierre Raffarin intéresse, parce que son style tranche nettement sur celui de ses prédécesseurs.

Alain DUHAMEL




Plus d'informations :
Brice Teinturier
Département Politique et Opinion
Tél : 33 (0)1 40 92 47 70
Fax : 33 (0)1 40 92 46 60
Politique&Opinion@tns-sofres.com
Voir aussi...

Département
Politique & Opinion

Nom expéditeur :

Email expéditeur :

Nom destinataire :

Email destinataire :


Newsletter



Toutes les enquêtes sur le thème :


Les 10 dernières enquêtes


L'ensemble des analyses et des résultats par thème
et par cible




© TNS