Les résultats
sont nets et sans appel : 95% des analystes et des gérants
européens interrogés pensent que l'actionnariat
salarié est appelé à se développer.
89% des analystes et des gérants européens pensent
d'ailleurs qu'il s'agit d'une démarche à encourager,
car elle présente plus d'avantages que d'inconvénients.
87% d'entre eux estiment qu'il faut l'encourager dans toutes
les sociétés, ce quels que soient leur profil
ou leur taille. Les places les plus convaincues sont la France
et la Belgique. Aux Pays-Bas, les opinions sont un peu plus
réservées : 20% des analystes et gérants
hollandais pensent qu'il faut être prudent, car selon
eux les inconvénients l'emportent sur les avantages.
Ils privilégient plus souvent l'application aux grands
groupes.
De façon convergente dans
les cinq pays, deux grands facteurs venant favoriser le développement de
l'actionnariat salarié sont spontanément évoqués :
Formes de rémunération et/ou d'épargne
(plus souvent évoquées en France, en Belgique et en Allemagne) :
- avantages donnés aux
salariés (11%), complément de rémunération
(13%), intéressement aux bénéfices,
- épargne à long
terme.
Sur suggestion de trois avantages,
les opinions se nuancent selon les pays :
- En France, en Allemagne et surtout
en Belgique, le premier avantage perçu est la cohésion sociale (respectivement
68%, 73% et 84% des personnes interrogées citent cet avantage en premier).
- Aux Pays-Bas et au Royaume-Uni,
l'accent est surtout mis sur l'amélioration des performances économiques
de la société (respectivement 50 et 56% citent cet avantage en
premier).
- C'est par ailleurs aux Pays-Bas
que l'on est le plus sensible au rôle que peut jouer l'actionnariat salarié
pour stabiliser le capital (notamment offre publique non sollicitée) :
près d'une personne sur cinq cite cet avantage en premier.
Des inconvénients variables
selon les pays, avant tout centrés sur la démotivation en cas de
baisse du cours de la bourse
Lorsque l'on interroge analystes
et gérants sur les risques ou les inconvénients que peut présenter
l'actionnariat salarié, des différences de points de vue se font
jour :
- En Allemagne comme en Belgique,
le risque de démotivation en cas de baisse du cours de Bourse arrive nettement
en tête, devant le possible renforcement de pouvoir des salariés
ou l'inégalité de traitement entre les actionnaires.
- Le Pays-Bas et le Royaume-Uni
ont à nouveau des réactions assez proches, analystes et gérants
mettant en avant la démotivation en cas de baisse du cours, mais aussi
le risque de dilution du capital (avec 57% aux Pays-Bas et 60% au Royaume-Uni).
- La France est plus sensible à
un possible renforcement du pouvoir des salariés actionnaires et à
leur traitement privilégié (avec respectivement 54 et 52% contre
46% pour les craintes de démotivation.).
Par contre, 68% des DRH de sociétés
cotées françaises interrogés en mai 2000 par l'Observatoire
de l'Actionnariat Salarié en Europe se déclaraient sensibles au
caractère potentiellement démobilisateur de l'évolution du
cours de Bourse.
Actionnariat salarié :
une influence significative sur les recommandations et décisions d'investissement,
mais des opinions variables sur le seuil à partir duquel intégrer
ce critère
Un peu plus du tiers (35%)
des analystes et gérants interrogés déclarent accorder dans
leurs recommandations ou leurs décisions d'investissement, une prime aux
sociétés pratiquant l'actionnariat salarié. Mais, les pratiques
professionnelles sont ici aussi variables.
Les gérants s'avouent
plus sensibles à ce critère que les analystes financiers :
près d'un sur deux (43%) l'intègre positivement dans ses investissements
alors qu'à l'inverse, près des trois quarts des analystes (72%)
déclarent ne pas donner de prime particulière aux sociétés
pratiquant l'actionnariat salarié.
Les places les plus réceptives
sont les Pays-Bas et surtout le Royaume-Uni.
Les réponses à la
question sur le seuil à partir duquel la part d'actionnariat salarié
dans le capital influe significativement sur les recommandations ou les décisions
d'investissement, tendent toutefois à prouver qu'il s'agit plus d'une " appréciation
qualitative " que d'une approche rationnelle, obéissant à
des critères objectifs. Elles sont en effet assez éclatées,
avec une moyenne qui se situe à 10%.
Il en va de même en ce qui
concerne les seuils à partir desquels l'actionnariat salarié peut
jouer un rôle significatif pour la stabilité du capital ou sa résistance
aux offres publiques non sollicitées, mais avec des moyennes plus élevées.
Accès au capital :
le plus large possible, avec une préférence pour les attributions
d'options
Interrogés sur les modalités
d'accès au capital, analystes et gérants européens font preuve
d'ouverture, avec toutefois une préférence pour l'attribution d'options.
- 83% sont favorables aux attributions
d'options d'achat ou de souscription d'actions. Notons qu'en cas d'attribution
d'options, l'écrasante majorité (80%) estime que celle-ci doit être
généralisée à tous les salariés.
- 71% sont favorables aux augmentations
de capital réservées (un pourcentage qui passe même à
87% en Belgique).
Gestion des titres : des
pratiques différentes selon les pays
Pour ce qui est des modalités
de gestion des titres, les opinions sont nettement partagées, témoignant
de conceptions, voire de philosophies spécifiques par pays.
- Si 50% des analystes et des gérants
interrogés déclarent préférer une gestion collective
dans le cadre d'une structure ad hoc, 39% se prononcent au contraire en faveur
d'une gestion individuelle, directe.
- En France, la gestion collective
fait l'objet d'un plébiscite massif (80% contre 50% en moyenne).
A noter : en France, un
peu plus du tiers des actions détenues par les salariés sont actuellement
logées dans des FCPE.
En Allemagne en revanche, la préférence
va plutôt vers une gestion individuelle (avec 58% contre 39% en moyenne).
Exercice des droits de vote et
représentation dans les organes de gestion
Les opinions sur l'exercice des
droits de vote semblent assez peu arrêtées, même si les marchés
financiers européens tendent à privilégier l'exercice individuel.
- Si 72% des analystes et gérants
interrogés se déclarent favorables à l'exercice individuel,
59% approuvent également l'exercice collectif.
- Les places les plus favorables
à l'exercice collectif sont la France (84% contre 59% en moyenne), les
Pays-Bas (70%) et le Royaume-Uni (67%).
- L'Allemagne y est à l'inverse
la plus opposée (69% d'opinions défavorables au vote collectif
contre 36% en moyenne).
Concernant la représentation
des salariés actionnaires dans les organes de gestion, les opinions sont
assez partagées, traduisant ainsi des différences culturelles selon
les pays.
- 48% des analystes financiers
et des gérants y sont favorables, mais 44% y sont défavorables.
- Et si la France est particulièrement
ouverte à la représentation des salariés (à 84%),
l'Allemagne y est nettement opposée (à 69%).
Frédéric
CHASSAGNE

L'intégralité des résultats
de cette étude est disponible auprès de :
Observatoire de l'Actionnariat Salarié
en Europe
Chantal Cumunel
Déléguée générale
9, Rue de Milan, F - 75009 PARIS
Tél : 33 (0)1 40 16 54 80
Fax : 33 (0)1 40 16 54 81
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