Le regard des analystes financiers
et des investisseurs européens
sur l'actionnariat salarié

 

Le 30 novembre 2000 - Les analystes financiers et les gérants européens plébiscitent l'actionnariat salarié, souhaitant massivement que l'on encourage cette démarche dans tous les types d'entreprise et en donnant accès au capital des sociétés au plus grand nombre possible de salariés. Ce plébiscite n'exclut toutefois pas des différences de point de vue, voire des sensibilités culturelles assez spécifiques par pays. Tels sont les principaux résultats de l'étude réalisée par Taylor Nelson Sofres Département Finance pour Euronext et l'Observatoire de l'Actionnariat Salarié en Europe.

Une démarche promise à un bel avenir, et qu'il convient d'encourager

Les résultats sont nets et sans appel : 95% des analystes et des gérants européens interrogés pensent que l'actionnariat salarié est appelé à se développer. 89% des analystes et des gérants européens pensent d'ailleurs qu'il s'agit d'une démarche à encourager, car elle présente plus d'avantages que d'inconvénients. 87% d'entre eux estiment qu'il faut l'encourager dans toutes les sociétés, ce quels que soient leur profil ou leur taille. Les places les plus convaincues sont la France et la Belgique. Aux Pays-Bas, les opinions sont un peu plus réservées : 20% des analystes et gérants hollandais pensent qu'il faut être prudent, car selon eux les inconvénients l'emportent sur les avantages. Ils privilégient plus souvent l'application aux grands groupes.

Des avantages clairement identifiés

De façon convergente dans les cinq pays, deux grands facteurs venant favoriser le développement de l'actionnariat salarié sont spontanément évoqués :

  • Double dynamique de stimulation et de fidélisation des salariés :

    - motivation (26% de citations spontanées), implication (20%),

    - fidélisation (24%).

  • Formes de rémunération et/ou d'épargne (plus souvent évoquées en France, en Belgique et en Allemagne) :

    - avantages donnés aux salariés (11%), complément de rémunération (13%), intéressement aux bénéfices,

    - épargne à long terme.

    Sur suggestion de trois avantages, les opinions se nuancent selon les pays :

    - En France, en Allemagne et surtout en Belgique, le premier avantage perçu est la cohésion sociale (respectivement 68%, 73% et 84% des personnes interrogées citent cet avantage en premier).

    - Aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, l'accent est surtout mis sur l'amélioration des performances économiques de la société (respectivement 50 et 56% citent cet avantage en premier).

    - C'est par ailleurs aux Pays-Bas que l'on est le plus sensible au rôle que peut jouer l'actionnariat salarié pour stabiliser le capital (notamment offre publique non sollicitée) : près d'une personne sur cinq cite cet avantage en premier.

    Des inconvénients variables selon les pays, avant tout centrés sur la démotivation en cas de baisse du cours de la bourse

    Lorsque l'on interroge analystes et gérants sur les risques ou les inconvénients que peut présenter l'actionnariat salarié, des différences de points de vue se font jour :

    - En Allemagne comme en Belgique, le risque de démotivation en cas de baisse du cours de Bourse arrive nettement en tête, devant le possible renforcement de pouvoir des salariés ou l'inégalité de traitement entre les actionnaires.

    - Le Pays-Bas et le Royaume-Uni ont à nouveau des réactions assez proches, analystes et gérants mettant en avant la démotivation en cas de baisse du cours, mais aussi le risque de dilution du capital (avec 57% aux Pays-Bas et 60% au Royaume-Uni).

    - La France est plus sensible à un possible renforcement du pouvoir des salariés actionnaires et à leur traitement privilégié (avec respectivement 54 et 52% contre 46% pour les craintes de démotivation.).

    Par contre, 68% des DRH de sociétés cotées françaises interrogés en mai 2000 par l'Observatoire de l'Actionnariat Salarié en Europe se déclaraient sensibles au caractère potentiellement démobilisateur de l'évolution du cours de Bourse.

    Actionnariat salarié : une influence significative sur les recommandations et décisions d'investissement, mais des opinions variables sur le seuil à partir duquel intégrer ce critère

    Un peu plus du tiers (35%) des analystes et gérants interrogés déclarent accorder dans leurs recommandations ou leurs décisions d'investissement, une prime aux sociétés pratiquant l'actionnariat salarié. Mais, les pratiques professionnelles sont ici aussi variables.

    Les gérants s'avouent plus sensibles à ce critère que les analystes financiers : près d'un sur deux (43%) l'intègre positivement dans ses investissements alors qu'à l'inverse, près des trois quarts des analystes (72%) déclarent ne pas donner de prime particulière aux sociétés pratiquant l'actionnariat salarié.

    Les places les plus réceptives sont les Pays-Bas et surtout le Royaume-Uni.

    Les réponses à la question sur le seuil à partir duquel la part d'actionnariat salarié dans le capital influe significativement sur les recommandations ou les décisions d'investissement, tendent toutefois à prouver qu'il s'agit plus d'une " appréciation qualitative " que d'une approche rationnelle, obéissant à des critères objectifs. Elles sont en effet assez éclatées, avec une moyenne qui se situe à 10%.

    Il en va de même en ce qui concerne les seuils à partir desquels l'actionnariat salarié peut jouer un rôle significatif pour la stabilité du capital ou sa résistance aux offres publiques non sollicitées, mais avec des moyennes plus élevées.

    Accès au capital :
    le plus large possible, avec une préférence pour les attributions d'options

    Interrogés sur les modalités d'accès au capital, analystes et gérants européens font preuve d'ouverture, avec toutefois une préférence pour l'attribution d'options.

    - 83% sont favorables aux attributions d'options d'achat ou de souscription d'actions. Notons qu'en cas d'attribution d'options, l'écrasante majorité (80%) estime que celle-ci doit être généralisée à tous les salariés.

    - 71% sont favorables aux augmentations de capital réservées (un pourcentage qui passe même à 87% en Belgique).

    Gestion des titres : des pratiques différentes selon les pays

    Pour ce qui est des modalités de gestion des titres, les opinions sont nettement partagées, témoignant de conceptions, voire de philosophies spécifiques par pays.

    - Si 50% des analystes et des gérants interrogés déclarent préférer une gestion collective dans le cadre d'une structure ad hoc, 39% se prononcent au contraire en faveur d'une gestion individuelle, directe.

    - En France, la gestion collective fait l'objet d'un plébiscite massif (80% contre 50% en moyenne).

    A noter : en France, un peu plus du tiers des actions détenues par les salariés sont actuellement logées dans des FCPE.

    En Allemagne en revanche, la préférence va plutôt vers une gestion individuelle (avec 58% contre 39% en moyenne).

    Exercice des droits de vote et représentation dans les organes de gestion

    Les opinions sur l'exercice des droits de vote semblent assez peu arrêtées, même si les marchés financiers européens tendent à privilégier l'exercice individuel.

    - Si 72% des analystes et gérants interrogés se déclarent favorables à l'exercice individuel, 59% approuvent également l'exercice collectif.

    - Les places les plus favorables à l'exercice collectif sont la France (84% contre 59% en moyenne), les Pays-Bas (70%) et le Royaume-Uni (67%).

    - L'Allemagne y est à l'inverse la plus opposée (69% d'opinions défavorables au vote collectif contre 36% en moyenne).

    Concernant la représentation des salariés actionnaires dans les organes de gestion, les opinions sont assez partagées, traduisant ainsi des différences culturelles selon les pays.

    - 48% des analystes financiers et des gérants y sont favorables, mais 44% y sont défavorables.

    - Et si la France est particulièrement ouverte à la représentation des salariés (à 84%), l'Allemagne y est nettement opposée (à 69%).

    Frédéric CHASSAGNE




    L'intégralité des résultats de cette étude est disponible auprès de :

    Observatoire de l'Actionnariat Salarié en Europe
    Chantal Cumunel
    Déléguée générale
    9, Rue de Milan, F - 75009 PARIS
    Tél : 33 (0)1 40 16 54 80
    Fax : 33 (0)1 40 16 54 81
    actionnariat@obs-ase.com


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    Plus d'informations :

    Frédéric CHASSAGNE
    Département Finance
    Tél : 33 (0)1 40 92 45 51
    Fax : 33 (0)1 40 92 47 57
    nathalie.leaute@tns-sofres.com

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