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Les épargnants
et la Bourse
Le 9 novembre 2000 - L'étude
sur "Les épargnants et la Bourse", réalisée
par TNS Sofres - Département Finance auprès
d'épargnants français non détenteurs d'action en direct pour
le compte d'EURONEXT, montre que les
Français font preuve de fortes réticences à l'égard
de l'investissement direct en Bourse : 4 épargnants sur 5 ne regrettent
pas de ne pas avoir investi en Bourse ces deux dernières années,
gardant à l'esprit le risque et l'aléa lié à ce type
de placement. Toutefois, 57% d'entre eux déclarent qu'ils seraient plus
tentés d'investir en Bourse s'ils étaient mieux informés
sur la façon de vendre et acheter des actions.
Des
réticences puissantes et persistantes...
Notons
au préalable qu'au sein de l'échantillon, 78% des épargnants
interviewés déclarent n'avoir jamais détenu d'actions de
sociétés cotées, contre 22% en avoir possédé
par le passé. Logiquement, on observe une plus forte proportion d'anciens
actionnaires chez les épargnants les plus âgés (plus de
55 ans), les plus " aisés " (cadres/professions
libérales et retraités aisés) et les urbains (résidents
de l'agglomération parisienne).
Pour
expliquer leurs réticences à investir sur les marchés financiers,
ils mettent en avant des raisons financières (1)
(54 et 48% (2)).
Nombreux sont ceux qui invoquent également le risque (20 et 22%) lié
à ce type de placement, la méconnaissance des mécanismes
boursiers (25 et 4%) ainsi que le sentiment de complexité (11 et 5%), particulièrement
pour les épargnants n'ayant jamais détenu d'action. Ceux qui en
ont déjà eu mentionnent quant à eux l'attractivité
d'autres placements (9 et 10%), l'investissement temps nécessaire (8 et
12%) pour s'informer et la fiscalité (facteur indiqué par 6% des
ex-détenteurs) pesant sur ce type de placement.
On
constate donc que, pour une forte proportion d'épargnants Français,
investir en Bourse est encore compliqué, risqué et cher. Ces freins
pèsent lourdement sur les intentions d'achat d'actions à terme puisque
seulement 4% des personnes interrogées envisagent d'acheter des actions
de sociétés cotées dans les semaines ou les mois qui viennent.
...
en dépit d'opinions plutôt positives vis-à-vis de la Bourse
Lorsqu'on
leur soumet un certain nombre d'opinions sur la Bourse et les actions de sociétés
cotées, les épargnants Français, pour une très nette
majorité d'entre eux, associent à la Bourse des valeurs participatives
et de long terme s'opposant ainsi à la vision "court termiste"
et spéculative du marché boursier. En effet :
- 70% y voient un moyen d'être
associé à la vie et au développement des entreprises -
66% estiment qu'investir en Bourse nécessite de s'engager à long
terme -
61% une façon de soutenir le développement économique de
la France
Il
est également intéressant d'observer la faiblesse relative des freins
d'ordre idéologique : 66% des interviewés sont en désaccord
avec l'idée qu'investir en Bourse " est choquant car c'est
de l'argent gagné sans travailler, ni créer de richesse "
(désaccord encore plus net auprès des moins de 25 ans et des employés)
Par
ailleurs, un peu moins des deux tiers des personnes interrogées (61%) estiment
que dans les années à venir, il sera aussi naturel pour les Français
d'investir en Bourse que de placer leur argent sur des comptes ou livrets d'épargne.
Interrogés
sur les motivations qui pourraient les conduire à investir en Bourse, 52%
évoquent la volonté de disposer d'un capital ou d'un complément
de retraite (motivation plus marquée auprès des moins de 45 ans,
des cadres/professions libérales et des professions intermédiaires),
51% la volonté de constituer un patrimoine pour leurs enfants et pour eux-mêmes
(34%), 25% pour accroître leur consommation (notamment les moins de 35
ans, professions intermédiaires, ouvriers et les petits portefeuilles),
19% pour financer l'achat d'un bien immobilier (notamment les moins de 35 ans,
cadres/professions libérales, résidents de l'agglomération
parisienne).
Facteurs incitatifs : informer/former,
rassurer,
développer l'actionnariat salarié et réduire la fiscalité
Interrogés
de façon ouverte sur les moyens ou initiatives pouvant inciter un plus
grand nombre de Français à investir en Bourse :
- 39% des interviewés
évoquent spontanément le besoin d'information et d'assistance, le
rôle des banquiers en la matière étant plébiscité
par 31% d'entre elles -
21% la nécessité de limiter le risque du placement en actions, une
attente particulièrement sensible chez les moyens/gros portefeuilles (>
à 100 KF), et les détenteurs de SICAV / FCP -
8% la nécessité de vulgariser/clarifier l'information boursière -
5% la réduction de la fiscalité sur les plus values (la plus
forte sensibilité à la fiscalité s'observe auprès
des retraités aisés et des ex détenteurs d'actions)
Ces
chiffres attestent du fort besoin d'information et de pédagogie des épargnants
Français et le place comme un facteur incitatif déterminant. A l'appui
de ce constat, 57% des sondés déclarent que s'ils en savaient plus
sur la façon de vendre et acheter des actions de sociétés
cotées, ils seraient plus tentés par un investissement en Bourse
(dont 22% certainement).
Par
ailleurs, lorsqu'on leur soumet un certain nombre de facteur pouvant inciter un
plus grand nombre de Français à investir en Bourse, prime est donnée :
- aux banquiers (85%) confirmant ainsi leur rôle
déterminant : 52% déclarent que " plus d'informations/conseils
par les professionnels au sein des banques " inciterait certainement
un plus grand nombre de Français à investir en Bourse, 33% probablement
-
au développement de l'actionnariat salarié (85%) : 42% certainement,
43% probablement (notamment pour les moins de 25 ans et les cadres.) -
à l'augmentation du plafond de défiscalisation du PEA (69%) :
31% certainement, 38% probablement (notamment pour les 55 ans et plus et les
retraités)
-
à un plus large accès des Français à Internet (64%) :
27% certainement, 37% probablement (notamment pour les moins de 35 ans, les
employés, ouvriers, inactifs et les résidents en milieu Rural)
Le
rôle clé des banques mais aussi de l'enseignement et de la presse
Pour
mieux informer les Français et favoriser cette entreprise de pédagogie,
52% des personnes interrogées font confiance aux banques, 46% aux écoles
et universités, 40% à la presse et 22% au développement et
à la création de site Internet consacrés à ce sujet.
Stéphane
AUFFRET (TNS
Département Finance)
Caroline
BERDEAUX
SIZE="-2">(GCI Moreau et Associés)
(1)
Manque d'argent, besoin de l'argent ainsi placé, pertes, coût de
l'investissement trop élevé.
(2) Les pourcentages
mentionnés ici concernent d'abord ceux qui n'ont jamais détenu d'actions
puis les ex-détenteurs.

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